• La fontaine : centre de vie du quartier
  • L’eau est indispensable à la vie, boire, faire la cuisine, laver, se laver, les fontaines utiles pour autant d’activité furent rapidement un lieu de rencontre.
  • Boire, se laver, cuisiner, nettoyer, rincer, etc. ; les fontaines officiaient pour tant d’activités de la vie quotidienne qu’elles devinrent rapidement lieu de ralliement. On y veillait la nuit tombée et le jour venu s’y réglaient les problèmes de quartier, ou plutôt de derb. Spécifiques à l’urbanisme arabe, les derb sont des quartiers de maisons lesquelles sont construites autour d’une seule ruelle qui s’entortille ou s’étire en tout sens. A l‘entrée, une porte en fermait l‘accès pour la nuit. Unité de base des médinas, les derb tendaient également vers une certaine autonomie. Chacun d’eux possédait son four, sa mosquée et sa fontaine. Au début du XX ème siècle, Marrakech comptait 89 fontaines. Précisément, celles-ci alimentaient 60 mosquées, 23 bains et 10 vergers!

 

  • Les fontaines étaient parfois de simples points d’eau alors que d’autres constituaient de véritables monuments. Ce sont les souverains Saadiens qui donnèrent élégance et noblesse à certaines d‘entre elles. On considère par ailleurs que les fontaines sadiennes contribuèrent à doter Marrakech d‘une unité architecturale. « La ville est aujourd’hui fort peuplée et s’embellit tous les jours par la faveur du Roy, » écrivait le chroniqueur espagnol Marmol, prisonnier au Maroc, en faisant référence aux grands travaux lancés par le sultan Abdallah Al-Ghalib.
  • Aujourd’hui la majorités des maisons a accès à l’eau, les fontaines publiques sont quelque peu tombées en désuétude. On y lave désormais les bicyclettes ou les pieds. Heureusement pour nous des travaux de restauration ont eu lieu, redonnant ainsi aux grandioses fontaines sadiennes leur prestige d’antan.